Monopole du coeur

trierweiler-600x360« L’amour est enfant de bohème. Il n’a jamais, jamais connu de loi ». Celui que porte le président de la République Française à sa « première dame » non plus. En effet, dans la Constitution, il n’existe aucune mention d’un statut particulier de l’élue du cœur de l’élu du peuple.

Qu’il soit gay ou qu’elle soit une femme hétérosexuelle, il n’existe pas non plus de notion de « premier homme ». Qu’elle ou il ne soit pas amoureux mais n’en goûte pas moins les plaisirs de la chair, pas davantage de notion de « courtisane », « amant », ou de « plan cul régulier ». Dès lors, puisqu’il n’existe pas, difficile de déboulonner ce statut.

Pourtant, en réalité, cette personne jouit du confort du palais de l’Élysée, d’une protection policière spécifique, et d’un personnel attitré. Un coût supporté par les finances publiques. Des dépenses intégralement prises en charge par des contribuables dont le pouvoir d’achat en fait les frais.

Une coutume qui a inévitablement du mal à convaincre une opinion publique jalouse et envieuse de tant d’égards exclusifs. Une « tradition républicaine » qui perdure, en toute logique, puisque l’abus de bien social fait partie des habitudes des plus hauts dirigeants de ce pays.

Pour pallier cet embarras, une des solutions consisterait à soumettre au suffrage universel le choix de la personne partageant la vie du chef de l’État. Pourquoi pas, via une émission de télévision, par SMS surtaxés ? Car si l’occasion de renflouer ainsi les caisses de l’État semblerait salutaire, la pratique démontre en outre que l’électorat est souvent moins prompt à participer aux scrutins organisés par l’État que par ceux proposés sur NRJ 12.

Par la suite, il suffirait de déterminer constitutionnellement les fonctions propres à cette nouvelle personnalité ainsi légitime. Simple rôle protocolaire ou véritable implication dans la vie politique de la nation ? Un nouveau cadre législatif assemblerait ainsi les droits et les devoirs conjugaux.

Une autre solution consisterait à considérer que ce qui demeure du domaine privé n’a aucune vocation à impliquer l’ensemble des citoyennes et des citoyens d’un pays. Que la seule histoire d’amour digne d’intérêt au sommet de la Vème République doit concerner, comme le rappelait Charles De Gaulle, la rencontre d’une personnalité et de son peuple.

Et que si ce dernier ne t’aime plus, cher dirigeant, chère dirigeante, à l’inverse de la délicieuse Carmen de l’inspiré Bizet : « Prends garde à toi » !

 

Guillaume Meurice

01/02/2014

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5 Commentaires

Classé dans CHRONIQUES

5 réponses à “Monopole du coeur

  1. Bonjour Guillaume Meurice, bonjour ses lectrices et lecteurs

    Il est vrai que le statut de « Première Dame » n’a jamais été homologué mais jusqu’à ce jour, jamais non plus, personne n’aurait songé à le contester ni à le remettre en cause.
    Bizarre, quand même de constater que la morale n’est pas en jeu mais que, seulement, la vie privée de nos élus politiques (comme celle des artistes) est de plus en plus largement livrée au public par le biais de torchons immondes comme « Closer » qui osent se donner, eux, le statut de journalistes alors qu’ils ne sont que des collecteurs d’égouts.
    Pour en revenir au statut de « Première Dame », le livrer en pâture aux adeptes de SMS ne me paraît pas une bonne idée à partir du moment où les auteurs de SMS ne sont pas forcément des personnes matures.
    Quant au train de vie de la Première Dame avec les dépenses qu’elle occasionne pour chaque français susceptible de payer des impôts, a-t-il été chiffré ? Et par ailleurs, sa représentation comme ambassadrice de la France auprès de pays étrangers ainsi que sa participation à des œuvres charitables d’envergure ne justifient-elles pas cette dépense ? Pas moins, certainement, que bien des associations sans queue ni tête qui perçoivent des subsides substantiels de l’État.

    Mais ceci n’est juste que mon avis,
    Cordialement

  2. « soumettre au suffrage universel le choix de la personne partageant la vie du chef de l’État » haha j’ai rien entendu d’aussi fou..
    j’ai aimé l’attention faite à l’éventualité d’avoir un « premier homme » d’état, mais, ça aurait été mieux d’imaginer que dans ce cas de figure : le président puisse être une femme (je n’ai rien contre l homosexualité, soit dit en passant)

  3. Alice

    hum… dernière chronique de 2014 alors que nous sommes en 2016… il est temps de mettre tout ça à jour, non? 😉

  4. Salanova

    Bonjour a tous,

    le deuxième tour des présidentielle est dans 2 semaines…peut on amener se débat au niveau de la campagne ?….et puis pourquoi pas l’élargir, a tous les petits (ou gros d’ailleurs) privilèges que se sont octroyés les politiques. Par exemple, on pourrait relancer celui des cumuls de mandats, de la légitimité d’être entretenu après avoir fini son mandat présidentiel..nous payons pour 5 présidents actuellement….et nous en avons combien qui gouverne ? meme pas un. Idem pour les deputes recalés (voir P.E. Barré pour la l’horographe) ..etc, etc.. on pourrait trouver d’autres aberrations de privilège gaspillant l’argent public au profit des élus…..voir les affaires Fillon, Le pen …

    a plus

    Philomène

  5. Mickael Vityuk

    magnifique!!! J’adore tes chroniques sur Franceinter…on ressent bien la quête de la vérité…;)

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