Impôt de départ

xxlarge_cyrano_de_bergerac_01_9737e« Jeter ce sac, quel sottise ! » objecta Le Bret à Cyrano de Bergerac, ce dernier venant de se délester de sa bourse auprès de quelques comédiens afin de les dédommager d’avoir interrompu une représentation insipide. « Oui mais quel geste ! », lui rétorqua sans coup férir le héros d’Edmond Rostand. Un héros interprété à l’écran, dans le film réalisé par Jean-Paul Rappeneau, par un certain Gérard Depardieu. Un véritable rôle de composition pour celui qui excelle aujourd’hui dans un grand rôle de compromission.

« Tout le monde en aurait fait autant !! » proclament quelques esprits décomplexés. Soit. Tout le monde ou presque. Tout le monde, exceptés celles et ceux pour qui l’argent n’est pas la seule boussole de l’existence. Tout le monde, mis à part celles et ceux qui auraient la décence de reconnaître l’importance du service public ; ne serait-ce qu’à la suite d’une lamentable chute en scooter avec 1,8g d’alcool dans le sang. « Personne n’aime payer des impôts » semble-t-il ? Par contre, tout le monde aime entendre retentir la sirène des secours lorsque besoin s’en fait sentir. Ne pas y voir de lien, c’est être parfaitement stupide. Et ça, même les pompiers n’y pourront rien.

Que fuit Gérard Depardieu ? Un régime confiscatoire qui veut imposer une taxe à 75% au delà d’un million de revenus par an, soit au delà de presque 3000 euros par jour. De quel montant quotidien cet homme a-t-il besoin pour vivre décemment ? Le double, le triple ? Ses nécessités vitales sont-elles si démesurées par rapport à l’ouvrier de Peugeot qui se saigne pour emmener sa famille applaudir les derniers exploits cinématographiques du monstre sacré ? Chacun pour soi et Depardieu… pour personne ?

Alors, organisons une collecte, appelons à la solidarité nationale afin que Gérard ne connaisse pas les affres de l’exil, l’angoisse du déracinement. Cotisons nous pour qu’il puisse continuer à vivre parmi nous, en toute simplicité, entre vignobles et palaces. Et si nous échouons, laissons le vivre sa destinée en lui épargnant quolibets et insultes. Laissons le achever sa carrière dans des rôles plus accessibles pour lui. Ne ferait-il pas un incontestable Harpagon dans l’Avare de Molière ?

Gérard Depardieu ne fait donc définitivement pas partie de ces hommes d’exception,  comme la fiction nous en présente souvent ; comme la société nous en révèle parfois. Pas plus que n’en fait partie Jean-Marc Ayrault, à la tête d’un gouvernement incapable de faire voter des lois rendant caduque la lâcheté en matière fiscale. Dans un monde où la beauté du geste n’est plus qu’un bras qui n’a d’honneur que le nom.

 

Guillaume Meurice

22/12/2012

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Classé dans CHRONIQUES

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