Enjeux olympiques

Dans le stade, le suspens est insoutenable. Le regard des peuples des cinq continents et ceux des caméras de télévision du monde entier sont braqués sur l’événement majeur de cet été 2012. L’humanité se prépare à enfin à ne plus ignorer quel est le type capable de lancer une boule accrochée à une chaîne plus loin que les autres. Ni quelle fille moulée dans un justaucorps à paillettes fera tourner le plus élégamment un cerceau sur son genou. Ni quel héros fera retentir l’hymne national de son pays, bombant le torse sous les larmes de ses condisciples réalisant à grand peine le cynisme de l’humoriste Pierre de Coubertin et de sa fameuse citation : L’essentiel est de participer.

Car l’essentiel réside bien évidemment dans le fait de gagner. Dans le cas contraire, il existerait autant de médailles que de participants et le dopage serait perçu comme une tentative de suicide par voie médicamenteuse ; reléguant le sprinter Ben Johnson au rang d’adolescente dépressive. Gagner ou, au pire, monter sur le podium. Cet étrange escalier à trois marches, menant uniquement à la couverture du journal L’Équipe.

S’il était uniquement question de participation, il n’existerait aucun classement par nation. Cette étonnante hiérarchie nous permettant d’apprendre que cette année encore, la Chine obtient de meilleurs résultats que le Lichtenstein. Sans jamais prendre en considération le nombre d’habitants des différents pays, ni celui des compétiteurs engagés. L’équivalent d’organiser une compétition d’haltérophilie entre un top model anémique et un bucheron anabolisé. Deux poids, deux mesures.

Enfin, si l’essentiel était réellement de faire acte de figuration, quel fabricant d’instruments d’évaluation du temps prendrait encore la peine de produire des modèles de plus en plus performants pour départager les ex aequo ? Sans ces chercheurs et ouvriers anonymes, que serait le nageur Nathan Adrian, déclaré vainqueur d’un centième de seconde, c’est à dire de quelques millimètres, d’un ongle (négligemment entretenu) ? Avons-nous déjà entendu de sa part des remerciements à l’endroit de ces professionnels de la maitrise technologique, seuls à repousser véritablement les limites du chronomètre ?

Plus vite, plus haut, plus fort se veut la devise d’une compétition internationale qui demeure également plus glamour que le concours de tir interminable en Syrie, plus facile à comprendre que la partie de racket de l’affaire Karachi, plus gracieuse que le plongeon synchronisé des économies européennes.

Ceci expliquant certainement l’engouement médiatique destiné à émouvoir le peuple. Celui que quelques empereurs romains estimaient uniquement friand de deux éléments : Du pain et des jeux. Plus de 2000 ans après, force est de constater que la civilisation est restée bloquée… à ce stade.

 

Guillaume Meurice

12/08/2012

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1 commentaire

Classé dans CHRONIQUES

Une réponse à “Enjeux olympiques

  1. Arthur

    OR (olympic record) pour Meurice représentant la France !

    La société Mondo, qui fabrique le track d’athlétisme, doit répondre à un cahier des charges précis établi par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Et avant d’être homologuée, la piste est testée. Trois points sont vérifiés : l’épaisseur de la couche supérieure, qui ne doit pas être inférieure à 12 mm, la déformation verticale, c’est-à-dire la dureté de la piste, qui doit se situer dans une fourchette entre 0,6 et 2,5 mm, et enfin la réduction de la force, c’est-à-dire l’élasticité de la gomme. La société Mondo réduit la force latérale en utilisant une structure en nid-d’abeilles permettant une dispersion minimale de la force sur les côtés : tandis que la couche inférieure, en hexagones, améliore l’élasticité et permet au pied de rouler plus rapidement, la couche supérieure quant à elle assure une meilleure traction grâce à sa surface à relief.

    « Quand nous participons, ne serait-ce qu’un brin, à un tel résultat, c’est comme si nous étions avec les athlètes sur la piste », dit Federico Stoppania, directeur de l’entreprise et petit-fils du fondateur, Edmondo Stroppiana. Et de présenter déjà le « Mondotrack SX », cette surface innovante née de la recherche de l’équipe d’ingénieurs de Mondo et de l’université de Pavie, comme « la piste la plus rapide de tous les temps ». Un record conditionnant ceux qui ont été établis dessus ?

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