Dictature et prolétariat

Une synthèse parfaite du Communisme et du Capitalisme. Un savant mélange de valeurs de gauche et de valeurs de droite. François Bayrou en a rêvé, la Chine l’a fait. L’empire du milieu, le fantasme absolu de tout extrémiste du centre.

Depuis quelques décennies, le gouvernement de cette nouvelle superpuissance jouit d’une stratégie aussi inédite qu’efficace. Associer deux modèles économiques traditionnellement radicalement opposés, pour un résultat proche de l’oxymore : Le libéralisme d’État. Un accès aux services publics pour chaque citoyen si toutefois il appartient à la classe dominante. Une liberté totale de faire ce que le pouvoir décide.

Car bien évidemment, les dirigeants chinois ont su conserver uniquement les aspects les plus réjouissants des deux systèmes. Un communisme purgé de ses principes d’égalité et de solidarité, mais dans lequel s’épanouissent les fondements de la dictature à la mode soviétique : Censure de la presse, contrôle d’Internet, élimination systématique de tout opposant politique. Un capitalisme sans libre entreprise ni concurrence loyale mais dans lequel perdure les règles de base d’une économie de marché décomplexée : Main d’œuvre sous-payée, exportation massive de produits contrefaits, pillage de matières premières des pays du tiers-monde.

Résultat : Une croissance annuelle de plus de 10% qui permet à cette nation de jouer un rôle nouveau à l’échelle mondiale : Celui de banquier. Renflouant une partie des déficits européens grâce à des prêts substantiels, l’économie chinoise se garde ainsi de perdre de précieux consommateurs friands de « Made In China », tout en engrangeant au passage de conséquents intérêts. Comme si un conseiller financier faisait fabriquer des jouets par ses enfants, et, pour les vendre, prêtait de l’argent à ses futurs clients. Et à ses heures perdues, torturait en cachette quelques Tibétains.

Hun Jintao, le dictateur de la République Populaire de Chine semble à merveille s’accommoder de ce capitalisme rouge. Rouge. La couleur du sang des 250 000 paysans suicidés car exclu de la course à l’industrialisation, des plus de 10 000 condamnés à mort des cinq dernières années, des 30 journalistes tués en 2010 dans ce pays. Rouge, la couleur du tapis que les dirigeants politiques du monde entier déroulent devant Hu Jintao, et sur lequel il s’essuie allègrement les pieds.

Sur une planète où le terme « Droit-de-l’hommiste » est devenu l’insulte à la mode. Où la crainte d’être traité de « politiquement correct » fait tressaillir d’effroi le moindre chroniqueur. Où la plus modeste prétention humaniste est devenue ringarde.

La Chine s’est éveillée. Les lendemains déchantent.

 

Guillaume Meurice

18/12/2011

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Classé dans CHRONIQUES

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