Terre compromise

drapeau-palestineLe conflit Israélo-Palestinien. Doux euphémisme pour désigner le terrain de jeu favori des antisémites et des islamophobes du monde entier. Car même si ces hostilités incessantes ne constituent pas nécessairement une guerre « de religion », il est plus aisé de croiser dans la région des amputés du prépuce que des mangeurs de bacon ou des athées pratiquants.

De dissensions locales en résonances internationales, ce conflit est devenu le pinacle de l’affrontement idéologique. Désormais, le clivage ne se situe plus entre partisans des deux camps, mais entre, d’une part, une population qui réclame le droit de vivre loin des roquettes du Hamas et des bombardements de Tsahal, et, d’autre part, ceux qui ont fait de cette situation leur unique fond de commerce. Tel Dieudonné et Alain Finkielkraut écrivant à quatre mains « la géopolitique par deux nuls ».

Pourtant la solution envisagée par Mahmoud Abbas, président de l’autorité palestinienne semblait conférer tous les espoirs possibles d’une paix durable : la reconnaissance de l’État Palestinien par l’Organisation des Nations Unies permettrait en effet l’application du droit international dans une zone où la raison du plus fort est toujours la pire.

Une initiative saluée par la quasi totalité de la communauté internationale ainsi que par la majorité de la population israélienne. Mais une opportunité de trop pour le gouvernement de l’État hébreu dont la rigueur de sa politique d’extrême droite n’a d’égale que sa passion pour les travaux publics. Implantation de nouvelles colonies illégales, mur de séparation entre différents territoires, et autres constructions en béton armé d’arrogance.

Une fin de non recevoir partagée par le président des États-Unis au prix d’une volte-face radicale et historique pour celui qui déclarait, il y a moins d’un an, être favorable à l’existence de deux États souverains. « La paix ne viendra pas de résolution de l’ONU » affirme-t-il aujourd’hui, sans pour autant préciser de qui les populations civiles sont en droit de l’attendre. De la résurrection du Christ ? De l’épuisement naturel de tous les stocks d’armes de la planète ? Du recours au spécialiste des conflits de voisinage Julien Courbet ?

Le processus de paix s’avère donc suspendu au droit de véto américain, privilège de vainqueur de la deuxième guerre mondiale, symbole d’une époque où les grandes puissances se partagent toujours le monde en toute impunité. Il est alors à craindre que rien ne puisse débloquer la situation sinon attendre que les hommes et les femmes de toutes confessions et de toutes origines parviennent enfin à cohabiter sur ce morceau de planète désolé et caillouteux.

Fût-il nécessaire de rappeler que la terre n’appartient à personne et que Dieu n’est qu’une hypothèse qui tarde à se confirmer.

 

Guillaume Meurice.

29/09/2011

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